appartenir


appartenir

appartenir [ apartənir ] v. tr. ind. <conjug. : 22>
• fin XIe; lat. adpertinere « être attenant »; de ad et pertinere « se rattacher à »
♦ APPARTENIR À.
1Être à qqn en vertu d'un droit, d'un titre. 1. être (à). Il est en possession d'un bien qui ne lui appartient pas. Ceci m'appartient en toute propriété, en propre. Bien qui appartient à la collectivité.
Cette île appartient aux États-Unis, est sous la dépendance politique des États-Unis.
2(Personnes) Appartenir à qqn.
Vx Être sous l'autorité de qqn (esclave, domestique). « J'appartiens à mon maître » (Molière).
Être le bien, la chose de qqn. « Michèle m'appartenait, je ne l'avais encore partagée avec personne » (F. Mauriac).
Vieilli Se donner physiquement. « Étant sûre de ne jamais appartenir à celui que je préférais » (Gautier).
Pronom. S'APPARTENIR : être libre, ne dépendre que de soi-même. Avec tous ces enfants, je ne m'appartiens plus.
3Être propre à qqn. « Pour des raisons qui m'appartiennent, je me suis abstenue » (Loti).
Impers. Convenir, être l'apanage de. Il appartient aux parents d'élever leurs enfants, c'est leur rôle, leur devoir. Il vous appartient de : c'est à vous de. Il ne m'appartient pas d'en décider. Il n'appartient qu'au Conseil de trancher, la question est de son ressort.
4Faire partie de (qqch.). Appartenir à une vieille famille du pays. « Les tisserands à la main appartenaient à un temps où syndicats et grèves n'existaient guère » (Maurois). Cette question appartient à la philosophie. relever (de); concerner. Math. Élément qui appartient à un ensemble ( appartenance) .

appartenir verbe transitif indirect (bas latin appartinere, être attenant, de pertinere, se rapporter à) Être la propriété de quelqu'un, son bien, soit de fait, soit de droit : Cette maison appartient à un industriel. Être à la disposition de quelqu'un, dépendre de lui, se prêter à une quelconque activité de sa part : L'avenir appartient aux audacieux. Se donner à quelqu'un d'autre par amour. Être le propre de quelqu'un, lui revenir, relever de lui : Il lui appartient de décider, de juger. Faire partie d'un groupe, d'un ensemble, d'une classe, en être un élément : Appartenir à une famille d'ouvriers.appartenir (difficultés) verbe transitif indirect (bas latin appartinere, être attenant, de pertinere, se rapporter à) Conjugaison Comme tenir. ● appartenir (expressions) verbe transitif indirect (bas latin appartinere, être attenant, de pertinere, se rapporter à) Ainsi qu'il appartiendra, selon ce qui sera convenable. (On dit dans le même sens : Ce qu'il appartiendra.) À tous ceux qu'il appartiendra, à tous ceux qui auront droit, devoir ou intérêt à en prendre connaissance. Aux dépens de qui il appartiendra, aux dépens de ceux qui seront désignés à cet effet. ● appartenir (synonymes) verbe transitif indirect (bas latin appartinere, être attenant, de pertinere, se rapporter à) Être le propre de quelqu'un, lui revenir, relever de lui
Synonymes :
- convenir à
- dépendre de
- relever de

appartenir
v. tr. indir.
d1./d être la propriété de qqn en vertu d'un droit, d'une autorité. Cette maison appartient à un ministre. Je suis libre et n'appartiens à personne.
|| v. Pron. Ne dépendre que de soi-même. Depuis qu'elle a des enfants, elle ne s'appartient plus.
d2./d être propre à. La gaieté appartient à l'enfance.
|| (Impers.) Il ne m'appartient pas de choisir: ce n'est pas mon rôle de choisir.
d3./d Faire partie de (un corps, un groupe). Appartenir à une administration.

⇒APPARTENIR, verbe intrans.
I.— Forme pers. Appartenir à.
A.— [En parlant d'une chose, d'un animal] Être la propriété de quelqu'un :
1. Quelquefois il chassait à courre, montant une parfaite jument arabe qui appartenait à sa maîtresse, sautant tout et gagnant l'estime des cavaliers les plus exigeants.
MAUROIS, La Vie de Disraëli, 1927, p. 87.
2. Avant l'occupation hollandaise, ces terres appartenaient aux Indiens mohicans.
MORAND, New-York, 1930, p. 241.
P. ext. [En parlant d'une chose abstr.] Être le propre de :
3. Seule la masse comprend la masse; la communauté de sentiments et de pensées appartient aux gens du commun.
GIDE, Journal, 1924, p. 794.
4. Le succès de l'action appartient à celui qui joint le maximum d'audace au maximum de préparation.
MOUNIER, Traité du caractère, 1946, p. 426.
B.— [Le suj. désigne une pers.]
1. Être au service de quelqu'un, lui être attaché :
5. ... « Nous ne reconnaissons que notre roi, nous ne reconnaissons que notre roi, nous n'appartenons point à la nation, nous ne voulons appartenir qu'à lui » ...
MARAT, Les Pamphlets, Nouv. dénonciation contre Necker, 1790, p. 106.
En partic. dans le lang. de l'amour
♦ [En parlant d'une femme] Se donner corps et âme par amour :
6. Il vouloit que Claire lui appartînt; eh! ne s'est-elle pas donnée mille fois à lui dans son cœur?
Mme COTTIN, Claire d'Albe, 1799, p. 175.
Plus rarement. [En parlant d'un homme] :
7. Mais c'était toujours Annette qui surgissait sur la toile. La mère avait disparu, s'était évanouie laissant à sa place cette autre figure qui lui ressemblait étrangement. C'était la petite avec ses cheveux un peu plus clairs, son sourire un peu plus gamin, son air un peu plus moqueur, et il sentait bien qu'il appartenait corps et âme à ce jeune être-là, comme il n'avait jamais appartenu à l'autre, comme une barque qui coule appartient aux vagues!
MAUPASSANT, Fort comme la mort, 1889, pp. 294-295.
2. Faire partie organique d'un ensemble. Ce soldat appartient à tel régiment (Ac. 1878-1932) :
8. Il appartient à une très honorable famille, comme tous les voleurs.
RENARD, Journal, 1897, p. 439.
P. anal. [En parlant d'une chose concr. ou abstr.] Cela n'appartient pas à mon sujet (Ac. 1835-1932) :
9. Une des premières étapes de Maxence était le poste d'Aleg, petit fortin crénelé qui couronne une faible hauteur rocheuse. Tout proche du fleuve, il appartient déjà au désert par l'aridité qu'il domine, par cet air de pauvreté fière qui est la marque du Sahara.
PSICHARI, Le Voyage du Centurion, 1914, p. 8.
II.— Emploi pronom. S'appartenir.
A.— Emploi réciproque. Être l'un à l'autre :
10. Car Élisabeth, comme une amoureuse retarde son plaisir pour attendre celui de l'autre, le doigt sur la gâchette, attendait le spasme mortel de son frère, lui criait de la rejoindre, l'appelait par son nom, guettait la minute splendide où ils s'appartiennent dans la mort.
COCTEAU, Les Enfants terribles, 1929, p. 189.
B.— Emploi pronom. réfl. Être maître de ses actes. Je m'appartiens encore un peu.
[Le plus souvent à la forme négative] :
11. J'ai cru aux mots sacrés qui n'ont pas de sens... J'ai cru qu'on pouvait se donner à un homme jusqu'à ne plus s'appartenir... On reste deux êtres toujours différents... On reste soi-même... Je suis ce que je suis...
CHARDONNE, L'Épithalame, 1921, p. 435.
Ne plus s'appartenir. N'être plus maître de son temps. J'ai tant d'occupations que je ne m'appartiens plus (Ac. 1878-1932).
III.— Emploi impers.
A.— Il appartient à qqn [ou à une fonction, etc., de qqn] de + inf. C'est le privilège ou la fonction de quelqu'un de... :
12. On me dit une nouvelle qui me fait un extrême plaisir. Il appartenait à votre cœur de sentir tout le prix de l'héroïque conduite de notre excellent ami, et de justifier le sort en vous donnant à lui, en assurant ainsi à sa vertu la récompense que Dieu lui permet sur cette terre.
Mme DE STAËL, Lettres diverses, 1793, p. 465.
13. Sans doute quelques réformes, peu à peu, pourront être introduites, tant du côté du juge et de l'interrogatoire, que de celui des jurés... Il ne m'appartient pas ici d'en proposer.
GIDE, Souvenirs de la Cour d'assises, 1913, p. 619.
Péj. C'est le triste privilège de... :
14. Il appartient aux esprits aveugles de croire que le mal ne se découvre qu'aux misérables qui s'en laissent peu à peu dévorer.
BERNANOS, La Joie, 1929, p. 561.
B.— DR. Ainsi qu'il appartiendra. Selon ce qui conviendra. À tous ceux qu'il appartiendra. À tous ceux qu'une affaire concernera et qui auront intérêt à en prendre connaissance.
PRONONC. ET ORTH. :[], j'appartiens []. Enq. :// (il) appartient. FÉR. Crit. t. 1 1787 propose la graph. apartenir avec un seul p.
ÉTYMOL. ET HIST. — 1. Ca 1040 part. prés. substantivé « parent » (Alexis, 271-2 ds Fr. mod., t. 21, 1953, p. 220 : Iloc converset eisi dis e set anz. Nel reconut nuls sons apartenanz) — 1453 (MONSTRELET, Chronique ds Dict. hist. Ac. fr); ca 1170 « être lié par parenté » (Flore et Blancheflor, éd. M. Pelan, 1355-56 : Par ma foi vous li resemblez; Ne sai se li apartenez); 2. ca 1155 « faire partie de » (WACE, Rou, III, 10430 ds KELLER, Ét. sur le vocab. de Wace, p. 242 : E cil qui Moretoig aveit, Qui a s'enor aparteneit); 3. ca 1170 « être la propriété de qqn » (Rois, éd. Curtius, 99 : Veírement en váin, guardái tutes les choses que furent Nabal el desert é rien n'i perid de tutes les choses que a lui apurtindrent); d'où 1668 « (d'une personne) être au service de qqn » (MOL., Amph., I, 2 ds ROB. : J'appartiens à mon maître); 4. ca 1200 « être le propre, le privilège de qqn » (Première continuation de Perceval, éd. Roach, t. 1, 13735-8 : Si m'aït Diex, il disoit bien Que je ne voldroie ja rien, Se je n'amoie le mestier Qui appartient a chevalier); XVe s. il appartient à qqn « c'est le droit, le privilège de qqn » (Mist. du Vieil Testament. éd. Rothschlid, t. 4, 35 455); 5. 1370 il appartient « il convient » (J. FROISSART, Chron., liv. I, part. I, chap. 51 ds Dict. hist. Ac. fr. : Si fut le roi de France conseillé et informé qu'il mandast ledit roi d'Angleterre à venir faire hommage et féauté, ainsi comme il appartenoit); 1673 dr. à tous ceux qu'il appartiendra « qui seront concernés » (Déclaration de guerre de Louis XIV contre l'Espagne, ibid.).
Empr. au b. lat. appertinere (composé de pertinere), au sens 5 « convenir à » dep. ST AUGUSTIN, Ord., 2, 2, 6 ds BLAISE, au sens 2 « faire partie de » (Varia excerpta gromatica, p. 323, 12 ds TLL s.v., 279, 55) et au sens 3 « être la propriété de » (Canon. Constit., 752, ibid., 279, 56).
STAT. — Fréq. abs. littér. :7 694. Fréq. rel. littér. : XIXe s. : a) 14 456, b) 10 423; XXe s. : a) 7 937, b) 10 027.
BBG. — Canada 1930. — FOULQ.-ST-JEAN 1962. — GOTTSCH. Redens. 1930, p. 103. — PIERREH. Suppl. 1926. — SPR. 1967.

appartenir [apaʀtəniʀ] v. tr. ind. [CONJUG. venir.]
ÉTYM. V. 1155 « faire partie de », sens 4.; sens 1., v. 1170; du bas lat. appertinere « être attenant », du lat. class. adpertinere, de ad (→ 1. a-), et pertinere « se rattacher à ». → Tenir. REM. Se construit avec à.
1 Être à quelqu'un en vertu d'un droit, d'un titre. Être (à). || Il est en possession d'un bien qui ne lui appartient pas. || Ceci m'appartient en toute propriété. — ☑ Loc. prov. Rendre à César ce qui appartient à César.Donner à chacun ce qui lui appartient (→ À chacun le sien). || Ce domaine lui appartient sans conteste. || Ce bien m'appartient en propre, appartient à la collectivité.
1 Or tout trésor, par droit de royauté,
Appartient, Sire, à Votre Majesté.
La Fontaine, Fables, VI, 6.
2 Deux vrais amis vivaient au Monomotapa :
L'un ne possédait rien qui n'appartînt à l'autre.
La Fontaine, Fables, VIII, 2.
3 Voyez donc tout ce monde et tout ce peuple, tout cela est à vous, tout cela vous appartient, vous en êtes le maître.
Saint-Simon, cité par Lafaye, Dict. des synonymes, Suppl., Appartenir, convenir.
4 Les particuliers ont la libre disposition des biens qui leur appartiennent (…)
Code civil, art. 537.
5 Tout sur terre appartient aux princes, hors le vent.
Hugo, la Légende des siècles, XXVI, « La rose de l'Infante ».
6 Rien n'appartient à rien, tout appartient à tous.
A. de Musset, Namouna, II, 9.
7 Quand la patrie est en danger, dit très bien Danton, tout appartient à la patrie.
Michelet, Hist. de la Révolution franç., t. I, p. 1026.
8 L'homme n'a droit à rien. Rien ne lui appartient. Il faut qu'il conquière chaque chose, à nouveau, chaque jour.
R. Rolland, l'Âme enchantée, t. II, p. 168.
Fig. || La mer appartient aux sous-marins. || Ces trésors appartiennent à l'Église.
Être dans la dépendance politique de. || Cette île appartient à la France, aux États-Unis.
2 (Personnes). || Appartenir à qqn.(1668). Vx ou littér. Être sous l'autorité de qqn (esclave, domestique). Service (au).
9 J'appartiens à mon maître.
Molière, Amphitryon, I, 2.
Vx. || Appartenir à (qqn) : être de la même famille que quelqu'un.
9.1 (…) le nom que vient de se donner Monsieur, ajoutai-je avec chaleur, me fait croire que je lui appartiens d'assez près. Ne vous étonnez pas, Monsieur, poursuivis-je en m'adressant au voyageur, ne soyez point surpris de trouver une parente dans cette situation; je vous expliquerai tout cela (…)
Sade, Justine…, t. I, p. 58-59.
Mod. (fig.). Être le bien, la chose de qqn (→ ci-dessous cit. 12 et 13).Spécialt. Se donner physiquement (→ ci-dessous cit. 11 et 14). Donner (se).(Le sujet désigne une partie de la personne). || Son cœur, son âme lui appartiennent.
10 Mon cœur et ma main t'appartiennent (…)
Marivaux, le Jeu de l'amour et du hasard, III, 8.
11 Étant sûre de ne jamais appartenir à celui que je préférais entre tous, je me suis laissée aller au courant, je n'ai pas pris la peine de défendre un corps qui ne pouvait être à vous.
Th. Gautier, Mlle de Maupin, I.
12 (…) et il sentait bien qu'il appartenait corps et âme à ce jeune être là (la fille de sa maîtresse), comme il n'avait jamais appartenu à l'autre, comme une barque qui coule appartient aux vagues.
Maupassant, Fort comme la mort, II, V.
13 Il m'était odieux que Michèle lui parlât à mi-voix du même ton de confidence dont j'avais bénéficié seul jusqu'à ce jour; Michèle m'appartenait, je ne l'avais encore partagée avec personne (…)
F. Mauriac, la Pharisienne, p. 51.
14 Je vous admirais; je vous aimais; je ne désirais pas vous appartenir.
A. Maurois, Terre promise, XLII.
3 (V. 1200). Sujet n. de chose. Constituer un privilège, un avantage propre à…, et, par ext., un caractère, une qualité de… (qqn; qqch.). || Ce droit, cet avantage vous appartient en propre. || L'honneur, le privilège de décider lui appartient. Revenir.(Compl. n. de chose). || Ce style appartient plutôt au récit, à la nouvelle. Relever (de).
15 (…) tes raisons sont frivoles.
Je pourrais décider, car ce droit m'appartient (…)
La Fontaine, Fables, X, 1.
16 C'est un trait de vertu qui n'appartient qu'à vous.
Corneille, Polyeucte, IV, 5.
17 De si rares honneurs ne m'appartiennent pas (…)
Molière, Psyché, Prologue, 53.
18 (…) là, signez donc, mon frère :
L'honneur vous appartient.
Molière, l'École des maris, III, 7.
19 (…) en les mettant dans la bouche des Italiens, à qui je les avais destinées (les plaisanteries prises dans les Guêpes d'Aristophane) comme une chose qui leur appartenait de plein droit.
Racine, les Plaideurs, Au lecteur.
20 Celui qui règne dans les cieux, et de qui relèvent tous les empires, à qui seul appartient la gloire, la majesté et l'indépendance, est aussi le seul qui se glorifie de faire la loi aux rois et de leur donner, quand il lui plaît, de grandes et de terribles leçons.
Bossuet, Oraison funèbre de la Reine d'Angleterre.
21 (…) si le vrai bonheur appartient au sage, c'est parce qu'il est de tous les hommes celui à qui la fortune peut le moins ôter.
Rousseau, Julie ou la Nouvelle Héloïse (→ Lettre, 2.).
22 Les événements extérieurs, les accidents, les traumatismes, appartiennent au cinéma; il sied que le roman les lui laisse.
Gide, les Faux-monnayeurs, I, 8.
Spécialt. Être propre à qqn, personnel.
23 Pour des raisons qui m'appartiennent, je me suis abstenue.
Loti, les Désenchantées, V, 35.
V. impers. (1360). || Il appartient à. || Il appartient aux parents d'élever leurs enfants, c'est leur rôle, leur devoir. Dépendre (il dépend de…). || Il vous appartient de, c'est à vous de. || Il n'appartient qu'à eux de, eux seuls sont capables de, ont le pouvoir, la possibilité de. || Il n'appartient qu'au Conseil de trancher, la question est de sa compétence, de son ressort. Compéter.
24 Il ne m'appartient pas d'étaler votre joie.
La Fontaine, Fables, XII, 12.
25 (…) Qu'il n'appartient qu'aux sots d'admirer et de rire.
Molière, le Misanthrope, II, 4.
26 Un homme fort riche peut manger des entremets, faire peindre ses lambris et ses alcôves, jouir d'un palais à la campagne et d'un autre à la ville, avoir un grand équipage, mettre un duc dans sa famille, et faire de son fils un grand seigneur : cela est juste et de son ressort; mais il appartient peut-être à d'autres de vivre contents.
La Bruyère, les Caractères, VI, 1.
27 Il n'appartient qu'aux grands hommes d'avoir de grands défauts.
La Rochefoucauld, Maximes, 190.
28 Il n'appartient qu'aux grands hommes de prononcer les mots décisifs des époques.
Hugo, Littérature et Philosophie mêlées, p. 110.
29 (… qu') il ne le faisait que sous réserves et qu'il appartenait au seul Directoire de tirer de ses victoires, à lui, les avantages qui conviendraient (…)
Louis Madelin, Hist. du Consulat et de l'Empire, t. II, 8.
Par antiphr. (vx ou littér.). || Il vous appartient bien de parler de générosité : il ne vous convient pas, il vous sied mal de… Convenir, seoir.
30 Il nous appartient bien après cela de venir accuser les justes.
Massillon, Petit carême, Injustice, 1.
Dr. || Ainsi qu'il appartiendra : selon qu'il sera convenable.(1673). || À tous ceux qu'il appartiendra : à tous ceux que la chose concerne ou qui voudront en prendre connaissance.
Par plaisanterie :
31 (…) Ils voulaient que je fusse médecin, je me suis résolu de l'être, aux dépens de qui il appartiendra.
Molière, le Médecin malgré lui, III, 1.
4 (V. 1155). Faire partie de (qqch.).(Personnes). || Appartenir à une vieille famille. Attenir (2.). || Nous appartenons tous à un certain milieu social. || Appartenir à un corps militaire, à un régiment.(Choses). || La tour Eiffel appartient à Paris. || Cette question appartient à la philosophie; elle n'appartient pas à mon sujet. Rapporter (se rapporter à), relever (de), concerner.
32 Oui, Monsieur, vous avez dépeint fort graphiquement, tout ce qui appartient à cette maladie (…)
Molière, Monsieur de Pourceaugnac, I, 8.
33 (…) ceux qui reçoivent froidement tout ce qui appartient aux étrangers et aux anciens, et qui n'estiment que leurs mœurs (…)
La Bruyère, les Caractères, Disc. sur Théophraste.
34 Il (Fidelio de Beethoven) appartient à cette forte race d'œuvres calomniées sur lesquelles (…)
Berlioz, Beethoven, p. 111.
35 Les tisserands à la main appartenaient à un temps où syndicats et grèves n'existaient guère (…)
A. Maurois, Bernard Quesnay, XVII.
36 Mais voici l'heure du danger. Alors on s'épaule l'un l'autre. On découvre que l'on appartient à la même communauté.
Saint-Exupéry, cité par A. Maurois, Études littéraires, t. II, 261.
Être inclus dans une classe. || Le chat appartient à la famille des félidés.
5 V. pron. || S'appartenir. a (Réfl.). Être libre, ne dépendre que de soi-même. || J'ai tant d'occupations que je ne m'appartiens plus. || Une femme, dès qu'elle se marie, cesse de s'appartenir (Académie).
b (Récipr.). || Nous nous sommes appartenu, donnés l'un à l'autre.
DÉR. Appartenance, appartenant.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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